Billet écolo

  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille

9 milliards d'êtres humains à nourrir

Envoyer Imprimer PDF

Photo d'une vache dans un champ

Entendu aux informations ce matin sur France Inter, une phrase de Ban Ki Moon, secrétaire général des Nations Unies, prononcée au sommet de la FAO (Food and Alimentation Organization), à Rome : « avec 9 milliards d'individus, il faudra augmenter la production alimentaire de 70% ».

Les journalistes de France Inter auraient dû commenter cette phrase, et ne l'ont pas fait.
Ils auraient pu dire que pour que cette prévision se réalise, cela sous-entend :

  1. Que les occidentaux ne changent rien à leur façon de se nourrir, malgré les problèmes climatiques et environnementaux que - soit-disant - tout le monde veut résoudre, alors que notre mode d'alimentation en est en partie responsable.
  2. Que l'agriculture occidentale - et son modèle de subventions à l'exportation et à la production de masse - soit conservé, exporté dans les pays émergents et même encouragé , puisqu'on parle d'augmenter la production de 70%. Pourtant, l'agriculture productiviste actuelle est responsable d'une grande partie des problèmes de pollution, en particulier concernant les pollutions locales (les nitrates polluant les nappes phréatiques et la mer, les pesticides dont les résidus dans les aliments finissent par se concentrer dans le corps humain...). Concernant
  3. Que les pays émergés et émergents adoptent tous le mode alimentaire et de production occidental, c'est à dire beaucoup de viande, d'aliments sucrés, gras, etc. C'est, on peut l'espérer, sans considérer l'importance de la cuisine et de l'alimentation traditionnelle, beaucoup moins exigeante en surface agricole. On ne peut bien évidemment pas leur interdire l'accès à la viande, mais puisque nous en consommons trop et eux pas assez, il faudrait trouver le point d'équilibre.

  4. Que l'agriculture productiviste reste le modèle dominant, au détriment des agricultures biologique, biodynamiques, raisonnées... Ces modèles d'agriculture sont pourtant inévitables si l'on veut éviter de rendre la terre infertile par l'emploi des produits chimiques, la destruction des nappes phréatiques, la sollicitation constante des terres qu'on ne laisse jamais reposer. De plus, une partie des problèmes climatiques vient de l'alimentation trop riche en chair animale de l'occident, dont la production est responsable de plus de 20% des émissions totales de GES, soit plus que le transport !

Un mode d'alimentation écologique cohérent sera basé sur les céréales, les fruits, les légumineuses, les laitages, les oeufs et le poisson (en évitant bien sûr les espèces menacées), et la viande sera un complément (et non la base). Ce type d'alimentation est envisageable pour l'ensemble des êtres humains. Il nécessite moins de surface agricole (puisqu'il y a moins de bêtes à nourrir) : on peut donc nourrir plus de personnes avec la même surface, ce qui permettrait de n'avoir pas besoin d'augmenter la production de 70% pour nourrir 9 milliards d'individus.

Le président du GIEC et prix nobel 2007 lui-même est devenu végétarien. Non pas que tout le monde doive devenir végétarien, mais cela montre quels changements on peut être amené à réaliser dans son mode d'alimentation lorsqu'on est très bien renseigné, qu'on se sent concerné tout en sachant que l'on a les moyens d'agir soi-même, et quelles solutions on peut mettre en oeuvre...

 

En savoir plus :

 

Commentaires  

 
0 #1 Kervennic 21-07-2010 02:56
Il y'a un debat sur le type d'agriculture possible et durable permettant de nourrir 9 milliards d'humain. Officiellement la viande c'est mal. Pour certain ce n'est pas du tout la viande en tant que telle mais la viande produite a partir de cereale. Si on se refere a Bourguignon le paturage est indispensable pour obtenir de bon rendements dans une agriculture durable. Pour certains auteurs americains (lierre keith), la monoculture cerealiere constitue le veritable desastre. La seule facon de produire durablement avec de haut rendement serait de pratiquer des cultures associes et d'utiliser des animaux pour la valorisation des dechets et la preparation des terrains. Ceci est encore pratique dans beaucoup d'agriculture trditionnel avec de tres bon rendement mais necessite une main d'oeuvre importante sur place (mais a 9 milliards il y'aura assez de bras). C'et evidemment contraire a l'economie capitaliste qui ne peut survivre qu'en industrialisant l'agriculture.
Citer